Dans l’exploitation quotidienne des réseaux d’accès télécoms, le diagnostic d’une ligne abonné sur un DSLAM (notamment les gammes Alcatel-Lucent ISAM 7302, 7330 ou 7730) passe nécessairement par l’inspection des paramètres appliqués au port physique. Lors d’un dysfonctionnement de synchronisation, d’un problème d’encapsulation ou d’un blocage de trafic, la CLI de l’équipement permet d’obtenir une vision exhaustive de la pile de protocoles configurée.
Interroger la configuration complète du port xDSL
Sur l’interface en ligne de commande de l’ISAM, la commande principale pour inspecter un port de carte d’accès (slot xDSL) s’articule autour de la hiérarchie matérielle rack/chassis/slot/port :
show xdsl config-data-port 1/1/4/7 detail
L’argument detail est essentiel : sans lui, la sortie se limite aux états administratifs généraux sans exposer les sous-couches critiques comme les circuits virtuels ATM (PVC), la politique de pontage (bridging), ou la signalisation multicast.
Analyse des blocs de configuration
La sortie générée par cette commande regroupe plusieurs sections techniques indispensables à la bonne livraison du service :
1. Profil physique et modulations autorisées
Le premier bloc identifie les profils assignés au port (service-profile et spectrum-profile) ainsi que l’ensemble des normes xDSL autorisées lors de la négociation :
- ADSL / ADSL2+ : paramètres G.992.1 (G.dmt), G.992.3 (ADSL2) et G.992.5 (ADSL2+ Annexes A, B ou M).
- VDSL2 : profils de bande G.993.2 (8a, 8b, 12a, 17a, 30a) définissant les limites de fréquences et la puissance spectrale injectée.
- Statut administratif : vérifiez toujours la valeur admin-state : up pour vous assurer que le port n’a pas été coupé par l’exploitant.
2. Couche ATM et encapsulations (PVC)
Pour les raccordements reposant sur ATM, chaque circuit virtuel permanent (PVC) est segmenté par ses identifiants VPI/VCI (par exemple 8/35 pour les flux Internet ou 10/35 pour la voix sur IP et la télévision). Deux éléments requièrent une attention particulière :
- Mode d’encapsulation AAL5 : selon le routeur client (CPE), la liaison attend généralement soit du llc-snap, soit du vc-mux-bridged-8023. Une incohérence à ce niveau bloque le dialogue réseau, même si la synchronisation physique est établie.
- Session utilisateur : dans le cadre d’un accès résidentiel, ces circuits servent souvent de support à une configuration Cisco PPPoE sur l’équipement terminal.
3. Bridge-port, VLANs et limitation MAC
La section bridge-port définit l’intégration du port abonné dans le domaine de commutation de niveau 2 :
- PVID et tags : identification du VLAN par défaut (souvent en mode empilé Q-in-Q / 802.1ad pour isoler l’abonné sur le réseau de collecte).
- max-unicast-mac : cette directive plafonne le nombre d’adresses MAC apprises sur le port. Une valeur configurée trop bas (par exemple fixée à 1) peut empêcher l’ajout d’un second équipement si aucun routeur NAT n’est intercalé.
- accept-frame-type : définit si le port accepte des trames taguées ou non balisées (untagged).
4. Qualité de service et services avancés
Les blocs finaux traitent des mécanismes applicatifs :
- QoS et ordonnancement : les profils de type scheduler-profile et cac-profile régulent la bande passante selon les priorités définies, rejoignant les bonnes pratiques des notions de QoS réseau pour privilégier la voix et la vidéo face aux téléchargements massifs.
- IGMP : gestion des abonnements aux flux multicast (télévision IP) avec limitation éventuelle du nombre de groupes simultanés via max-num-group.
- Security-PAE : options d’authentification 802.1X éventuelles pour contrôler l’accès physique au port.
Une fois le diagnostic de niveau 1 et 2 validé au niveau du DSLAM, les contrôles peuvent se poursuivre côté couche 3, par exemple pour afficher l’adresse IPv6 d’une interface et vérifier la distribution des préfixes routés.




