La qualité de service (QoS) est indispensable dès que des flux sensibles à la gigue et à la latence, comme la voix sur IP, partagent une liaison WAN à bande passante restreinte. Sur les routeurs d’accès d’entreprise tels que le OneAccess OA 5510 (OneOS), la mise en place d’une QoS repose sur trois étapes fondamentales : la classification des paquets, la définition de la politique de traitement, et son application sur les interfaces de sortie.
1. Classification du trafic avec les match-lists
La première phase consiste à identifier les paquets à prioriser (la signalisation SIP et la voix RTP) et ceux relevant du trafic classique (Best Effort). Sur OneOS, on commence par déclarer des listes de correspondance :
Pour la téléphonie sur IP :
- Identification du protocole SIP (signalisation d’appel).
- Identification des plages UDP allouées au flux audio RTP.
- Correspondance avec le marquage de priorité haute EF dscp46 (Expedited Forwarding).
Pour le trafic de données standard (navigation web, messagerie, transferts de fichiers), on crée une seconde liste répertoriant les services courants comme HTTP, HTTPS, SMTP, FTP ou POP3 afin de les canaliser dans un groupe dédié.
2. Regroupement dans les class-maps
Une fois les critères d’identification posés, ils sont encapsulés au sein de classes de trafic (class-map). Ce découpage permet d’isoler la classe prioritaire dédiée à la voix de la classe destinée au trafic applicatif générique :
- class-map voip : intercepte tout le trafic reconnu par la règle VoIP pour le placer en file prioritaire.
- class-map manage_flow : capture le trafic Internet et bureautique usuel pour lui allouer les ressources restantes sans dégrader la voix.
3. Définition de la politique de bande passante (policy-map)
La policy-map applique le traitement adéquat à chaque classe. Pour la classe voix, on active généralement une file d’attente à faible latence (LLQ – Low Latency Queuing) en lui réservant un pourcentage garanti de la bande passante montante (par exemple 70 % en cas de pic d’appels simultanés), tout en réécrivant si nécessaire le marquage DSCP à la valeur EF.
Pour les données de navigation, on configure une politique attribuant le reliquat de bande passante en mode équitable, évitant ainsi qu’un téléchargement massif ne vienne saturer les files d’attente de la voix.
4. Application de la QoS sur les interfaces
Le contrôle de flux s’applique toujours en sortie (egress) de l’interface qui subit l’engorgement, que ce soit une interface physique WAN ou un tunnel VPN chiffré :
- Sur une interface logique de type Tunnel 0 : application de la politique prioritaire pour que les paquets voix soient traités en amont du chiffrement.
- Sur l’interface WAN physique (type Atm 0 ou liaison série) : application de la politique régulant le débit sortant global.
Avant d’ajuster les pourcentages de réservation, veillez à afficher la parametre port xdsl pour connaître précisément la vitesse de synchronisation montante réelle de la ligne.
Vérification et diagnostic
Pour s’assurer que les paquets sont correctement aiguillés dans les files d’attente, utilisez la commande d’inspection dédiée aux interfaces :
show policy-map interface Tunnel 0
Cette commande permet d’observer en temps réel le compteur de paquets classés, la bande passante consommée par la file prioritaire et les éventuels rejets (drops) si le débit alloué à la voix venait à être dépassé.
