Apparue à l’époque de vSphere 4 pour remplacer le traditionnel VMware Consolidated Backup (VCB), l’application VMware Data Recovery (VDR) constituait la première solution de sauvegarde sans agent directement intégrée à l’écosystème vSphere. Bien que les environnements récents se tournent vers des solutions plus modernes, le principe de fonctionnement de VDR reste le socle des architectures de sauvegarde actuelles dans le monde de la virtualisation.
Architecture et déploiement de l’appliance
VDR se présente sous la forme d’une machine virtuelle préconfigurée distribuée au format OVF. Une fois déployée sur un hôte ESXi, l’administration initiale du système s’effectue via son interface Web d’administration (VAMI) accessible en HTTPS sur le port 5480. Par défaut sur les versions d’origine, le compte administrateur utilisait l’identifiant root et le mot de passe standardisé vmw@are.
Pour la gestion opérationnelle au quotidien, VDR s’intègre sous forme de plug-in dans le vSphere Client. C’est depuis cette console que l’administrateur planifie les tâches, définit les fenêtres de rétention et supervise l’état des travaux sans devoir installer d’agent lourd sur chaque système invité.
Mécanisme de sauvegarde et déduplication
Le fonctionnement de VDR repose sur la technologie des clichés instantanés (snapshots) de VMware combinée au suivi des blocs modifiés (Changed Block Tracking ou CBT) :
- Instantané de la machine : lors du déclenchement du travail, VDR ordonne à l’hyperviseur de créer un snapshot de la VM cible. Pour garantir l’intégrité applicative des bases de données et des systèmes Microsoft, la solution s’appuie sur le composant VSS sous Windows 2008 ou versions supérieures.
- Lecture et déduplication au bloc : l’appliance lit les blocs du disque virtuel (VMDK) via les API VMware et applique une déduplication au niveau bloc avant écriture sur la destination de stockage.
- Suppression du snapshot : une fois les blocs transférés, le snapshot est consolidé afin de ne pas impacter les performances de production.
Les données sauvegardées peuvent être orientées vers un magasin de déduplication hébergé soit sur un datastore VMFS/NFS (monté en tant que disque virtuel sur l’appliance), soit sur un partage réseau de type CIFS/SMB.
Restauration et limites de la solution
Sur le plan de la reprise d’activité, VDR permet deux types d’opérations :
- Restauration complète de VM : reconstitution intégrale d’une machine virtuelle avec réaffectation de ses ressources et réintégration automatique dans l’inventaire vCenter.
- Restauration granulaire au fichier (FLR) : grâce à un utilitaire dédié (File Level Restore) installé sur la machine invitée, un administrateur peut monter un point de sauvegarde en lecture seule pour récupérer des dossiers ou fichiers précis sans restaurer l’ensemble du volume.
Malgré sa simplicité de prise en main, VDR présentait d’importantes limites historiques : une taille maximale fixée à 2 To par magasin de déduplication et une certaine fragilité de son index de données en cas d’interruption brutale. Dès la sortie des versions ultérieures présentées dans le guide VMware ESXi 5.1 et ses nouveautés, VMware a abandonné VDR au profit de vSphere Data Protection (VDP), avant que le marché ne s’oriente massivement vers des outils tiers spécialisés pilotables via des scripts ou PowerGUI et PowerCLI.
